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Cette phrase – « pas un jour sans un trait », autrement dit, « pas un jour sans peindre, dessiner ou écrire au moins quelque chose » –, Paul Klee l’a notée dans son catalogue des œuvres en 1938, et cela sous l’œuvre numéro 365, un dessin intitulé Süchtig (Accro) (crayon sur papier à lettres) (« nulla dies sine linea » est tiré de l’Historia naturalis de Pline l’Ancien). L’œuvre tardive de Paul Klee L’œuvre tardive de Paul Klee – notamment dans les années 1938 à 1940 – est caractérisée par une augmentation incomparable de sa production – surtout dans le domaine du dessin. Le 2 Janvier 1940, il écrit à son ami et historien de l’art Wil Grohmann: « Cette année a été très riche sur le plan artistique. Je n’ai jamais autant dessiné, ni de manière aussi intense. Mille deux cent œuvres en 1939 représentent tout de même une production record. » Un contrepoint architectural Le développement de son œuvre tardive à la manière d’un journal exige un mode de présentation original. Le concept d’exposition prévoit de structurer conceptuellement le critère de la quantité et de l’éclairer de façon cyclique. L’exposition « nulla dies sine linea » soulignera le sens transversal de la salle consacrée aux expositions temporaires – contrairement à la structure de la collection, orientée dans le sens longitudinal – afin de faire contrepoids à la zone de la collection à travers un contrepoint architectural. Un espace clair, rectangulaire et régulier sera délimité par des cloisons placées entre les piliers ronds extérieurs. Dans cet espace intérieur central, des dessins de formats comparables réalisés sur papier brouillon et sur papier à lettres seront présentés sur la base d’une sélection soigneusement équilibrée aux niveaux thématique et formel. La numérotation des œuvres permettra de reconstituer précisément la succession temporelle de celles-ci à l’intérieur des séquences. D’une manière différente, la présentation des dessins tardifs sur papier est poursuivie à l’intérieur du déambulatoire délimité par les cloisons. Dessins réalisés au crayon et à l’encre de chine Les œuvres sont sélectionnées parmi l’ensemble des dessins réalisés au crayon, à l’encre de chine et à la peinture à la colle et exprimant l’influence du vécu et de la philosophie de Paul Klee d’une manière expressive et méditative. Ces dimensions de ses œuvres sont généralement nettement moins connues du public. Sur les murs du fond et latéraux, on présentera des œuvres isolées (p. ex. des panneaux peints) en rapport avec les séquences qui leur font face. Paul Klee mis un terme à sa création artistique en 1940, l’année de sa mort, avec l’œuvre numéro 366. Un clin d’œil? Car l’année 1940 était bissextile (le panneau peint Stilleben am Schalttag (Nature morte le jour intercalaire), est la propriété de la Paul-Klee-Stiftung. Paul Klee termina son catalogue avec un chiffre correspondant à une année entière – un critère biographique qui établit un lien avec l’aspect de journal et le rapport au jour de l’année de la phrase « nulla dies sine linea » – dont le contenu associatif va encore plus loin. Faire dialoguer Paul Klee avec lui-même Avec cette exposition, nous faisons dialoguer Paul Klee avec lui-même. Nous présentons son œuvre dans le cadre de la cérémonie d’inauguration du centre sous deux formes de présentation très hétérogènes, dont les interactions rendent encore plus intense la réception de Paul Klee et augmentent la perception de son art. Nous montrons que le Zentrum Paul Klee parvient à mettre en scène des formes de visualisation alternatives de l’œuvre kleeienne, à plusieurs niveaux et de manière contrastée.
(Le texte parlé fait foi.)
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